APTHQ - Association des producteurs de tourbe horticole du Québec

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La restauration des tourbières

La réhabilitation d'une tourbière étant un processus à long terme, le succès de la restauration est évalué en étudiant l'évolution des communautés végétales et le retour des autres composantes fonctionnelles à l'échelle de l'écosystème (hydrologie, cycle du carbone, microbiologie, biogéochimie, etc.).

Le Groupe de Recherche en écologie des tourbières (GRET), dirigé par le Dr Line Rochefort du département de phytologie de l'Université Laval, orchestre les travaux de restauration dont la portée est d’intérêt international.

Les étapes de restauration


Les sites expérimentaux

La tourbière ombothrophe de Bois-des-Bel (Bas-Saint-Laurent)

Cette tourbière ombotrophe (bog) sert de laboratoire au Groupe de recherche en écologie des tourbières (GRET. Il s'agit d'un site de 11 hectares où la tourbe a été récoltée pendant les années 1980 et qui a été abandonné par la suite. La restauration y a débuté en 1999 et 2000.

Après 10 années de restauration active de la tourbière de Bois-des-Bel, nous pouvons affirmer qu’un des objectifs du GRET a été atteint : réussir à réintroduire un tapis de mousse typique des tourbières afin de réamorcer le processus d’accumulation de la tourbe.

Pour la saison de croissance 2010, l’équipe du GRET validera si le couvert de végétation nouvellement formé permet à la tourbière de redevenir un écosystème fonctionnel dans un temps raisonnable (10 à 20 ans). Les techniques appliquées à ce site sont expliquées dans le Guide de restauration des tourbières (PDF téléchargeable), écrit par François Quinty et Line Rochefort de la Chaire de recherche industrielle en aménagement des tourbières.

La tourbière minérotrophe de Bic—Saint-Fabien (Bas-Saint-Laurent)

La restauration de cette tourbière a commencé en 2009. Pour les chercheurs et les membres de l’industrie, c’est une occasion unique d’expérimenter des méthodes de restauration d’une tourbière de type minérotrophe (fen), ce qui constitue une première au Canada.

L’objectif est d’appliquer des techniques de restaurations éprouvées ailleurs et de les adapter à un nouveau type de tourbière, en réintroduisant une végétation composée de plusieurs espèces de mousses et d’herbacées exclusives au milieu.

La restauration du site permettra également de préserver une partie intacte de cette tourbière qui pourrait ultimement être annexée au Parc national du Bic pour offrir un sentier d’interprétation en 2012.

Évaluation des techniques de réhabilitation

Le suivi de plusieurs autres sites restaurés à grande échelle et l'utilisation de l'imagerie satellitaire aident également à évaluer le succès des techniques de réhabilitation.

De nouvelles approches de restauration sont développées afin de s'adapter à la variabilité des conditions rencontrées (par exemple, la restauration de fens et de marais).

Certains sites sont cependant trop affectés par les activités de récolte pour qu'ils puissent redevenir des écosystèmes accumulateurs de tourbe, l'objectif ultime de la restauration des tourbières. Les travaux de la chaire permettront donc de développer des méthodes de réhabilitation des sites abandonnés, notamment la culture de petits fruits nordiques et la plantation d'arbres, deux options qui augmentent la valeur économique et esthétique de ces surfaces.

Des travaux prometteurs

Le GRET étudie le développement de la culture de la sphaigne en vue de produire de la fibre utilisée dans les substrats de croissance, une ressource que l'on veut renouvelable dans des délais assez courts pour permettre une utilisation commerciale.